Le jeu de balle au tambourin

Le jeu de balle au tambourin est le descendant direct du jeu de ballon pratiqué dans le Languedoc, entre le milieu du XVIe siècle et 1861. A partir de 1862, on utilise les mêmes terrains, on garde les anciennes règles, mais sans filet et on troque les brassards en bois pour des tambourins. Le jeu se développe de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle au nord de l’Italie et dans le département français de l’Hérault, sans relations évidentes entre les deux.

En 1922, est organisé le premier Championnat du Languedoc et, l’année suivante, la Fédération organise un championnat de France auquel participent 143 équipes répartis entre Narbonne et Marseille. Puis la guerre met la jeune fédération en sommeil.

En 1955, Max Rouquette fait adopter aux joueurs français, le règlement italien dit de « jeu ouvert », plus simple. Si le jeu de la balle au tambourin est resté un sport de village dans l’Hérault, il est semi-professionnel en Italie. La Fédération internationale est fondée en 1988 à Mantoue. La 1ère coupe du Monde de balle au tambourin est organisée, en septembre 2012 à Gignac. La France y remporte les épreuves féminine et masculine.

Depuis peu, ce sport d’équipe est pratiqué hors du département de l’Hérault (42 clubs sont recensés en France en 2007 pour 5 580 licenciés). Egalement pratiqué en Allemagne et Belgique, il reste dominé par français et Italiens.

Le jeu

  • Le terrain en extérieur est en terre battue, goudron ou synthétique (rare) de 80 m de long sur 18 m de large (20 m anciennement). Dans la longueur, il est coupé en son milieu par une ligne dénommée corde (car, à l’origine, elle était matérialisée par une corde). En intérieur le terrain fait 34 m de long sur 16 m de large.
  • La balle : rouge ou blanche, en caoutchouc, d’un diamètre de 6,1 cm, pèse 78 g
  • Le tambourin : un cercle, autrefois en bois, aujourd’hui en plastique renforcé d’un fil de cuivre sur lequel est tendue une toile, avec une poignée en cuir.

Les joueurs

Se tenant chacune sur sa partie de terrain, 2 équipes de cinq joueurs :

  • 2 « fonds » qui renvoient la balle dans le camp opposé. L’un des deux fonds est le batteur qui met la balle en jeu avec un tambourin spécifique (appelé battoir), plus petit, au bout d’un manche flexible.
  • Au plus près de la « corde » 2 « cordiers » qui renvoient les balles courtes.
  • Au milieu, le « tiers.

Les règles

Sachant que la balle ne peut rebondir qu’une fois avant d’être frappée. Une équipe perd un point si : la balle n’est pas renvoyée dans le camp adverse, la balle atterrit en dehors des limites du terrain ou si la balle touche la ligne centrale (la corde), le joueur touche la balle avec une autre partie du corps que l’avant-bras qui tient le tambourin, deux joueurs de la même équipe touchent consécutivement la balle, un joueur marche dans le camp adverse.

Le décompte s’effectue de manière similaire au tennis : par jeu, de 15 à 30 à 45, avec règle de l’avantage s’il y a égalité à 45. Le match est gagné dès qu’une équipe a remporté 13 ou 16 jeux selon les catégories. Tous les 3 jeux, les équipes changent de côté et le service change à chaque jeu.

Si le tennis s’est largement inspiré du jeu de tambourin, tant pour les « outils » utilisés (raquette/tambourin et balle), que pour le décompte des points, il lui doit aussi son nom. En effet le joueur de tambourin qui pensait être le mieux placé pour renvoyer la balle, avait pour habitude de crier « Teni ! » (je la tiens, en occitan).