Les salins

Principe

Faire parcourir à l’eau de mer un très long trajet sous une très faible épaisseur pour arriver à faire évaporer les neuf dixièmes de son volume initial.

Ce qui demande des ressources inépuisables d’eau salée, des vastes espaces où la faire concentrer, un climat chaud, sec et venteux pour faciliter l’évaporation et accélérer la concentration.

Histoire

Notre région devient productrice dès le VIe siècle.

A partir du XIIème siècle, la France lève une taxe sur le sel, la gabelle, qui nécessite la création d’une véritable administration des douanes.

Supprimée en 1791, elle fut remplacée en 1803 par un impôt sur le sel qui nécessita à nouveau la surveillance des salins et donc la présence de douaniers.

Ce n’est qu’en 1946, que fut supprimée la dernière taxe frappant le sel.

Fonctionnement

Les premières prises de l’eau dite « verte » sont réalisées à la fin du mois de mars.

Un rouet (station de pompage) actionné par des mules, alimente en eau de l’étang, une succession de partènements (bassins), séparés par des cairels (digues). Le débit d’eau pompée est ajusté grâce à des martelières (vannes munies d’une crémaillère), tandis que des bugets (étroites écluses de bois), servent à alimenter en eau les partènements, les tables salantes ou à vider l’eau par un circuit de vidange, ou un réseau d’égouts.

Les eaux saturées sont dirigées, durant le mois de mai, sur les derniers bassins, les cristallisoirs (tables salantes), dont la surface globale atteint au plus le dixième de celle du salin. De forme régulière, elles sont séparées par des cairels garnis de planches, pour éviter que la terre ne souille le fond des tables en s’éboulant.

La récolte du sel (ou levage)

Elle dure, suivant la météo, de 20 à 25 jours. L’épaisseur moyenne de la couche de sel en Languedoc est de 5 à 8 cm.

Au début du 19ème siècle, les tables salantes mesuraient 12 mètres sur 12. On divisait la table en quatre, et le saunier confectionnait des gerbes (petits tas) au milieu de chaque carré. Lorsque le sel se débarrassait de son eau, les gerbes étaient chargées dans des banastes (paniers), portées sur la tête et acheminées jusqu’au perron (ou gravier), partie plus élevée, donc à l’abri d’une éventuelle montée des eaux. Au bout de 2 mois, la camelle (important tas de sel) se couvrait d’une croûte compacte et dure de sel.

La récolte du sel se déroulait entre la cueillette des raisins de table et les vendanges ; assurant ainsi du travail aux ouvriers de juillet à octobre.

Au début du XIXème siècle, une cinquantaine de personnes étaient occupées en permanence sur les salins de Villeneuve, mais pour le levage il fallait entre 130 et 140 personnes. En 1820, les salins occupaient une surface de 100 ha et la récolte avoisinait les 7 000 tonnes, pour 10 ha de tables salantes. Véritables unités économiques, tous les salins de la région, avaient sensiblement la même importance.