Moulin

La construction d’un moulin (également appelé « usine ») demandait un très important investissement financier. Les paysans y amenaient le grain à moudre ; c’était un lieu de rencontre et de diffusion des nouvelles. La destruction de cet outil industriel (inondation ou guerre) déstabilisant l’organisation sociale, il était rapidement reconstruit.

Ces moulins sont en général alimentés par un canal dérivé de quelques dizaines de mètres (et jusqu’à plusieurs kms). Creusé à flanc de versant, il s’élargit près du moulin pour former un réservoir pouvant contenir plusieurs centaines de m3.

Toute la moitié sud de la France est l’aire du moulin à roue horizontale qui présente l’avantage d’entraîner directement la meule tournante et de s’adapter à tous les sites et tous les débits. Il existe 2 types de roues horizontales :

  • Les roues à cuves, utilisant des chutes de moins de 2,5 m, placées au fond d’enveloppes cylindriques (bois ou pierre) et fonctionnant en immersion,
  • Les roues à cuillères (ou roudets volants), construites en bois et utilisant des chutes de plus de 2m.

La construction de ces mécaniques était du ressort des charpentiers des moulins (ancêtres des ingénieurs).

Les moulins fonctionnaient en continu en période de hautes eaux et par inter-mittence en période de basses eaux.

Le débit d’eau est de 2,5 m3/seconde. Les meules en calcaire monolithe, d’un diamètre de 1,4 à 1,5 m, pèsent environ 2 tonnes chacune. Les roues horizontales en bois avaient un diamètre inférieur de 10 à 15 %, soit 1,3 à 1,4m. L’ensemble tournait à la vitesse de 90 à 100 tours/ minute et produisait environ 30 Kg de farine à l’heure.

Ces constructions bâties comme des ponts, supposent de maîtriser l’hydraulique en milieu contraignant, le moulin devant opposer son poids à la poussée de l’eau stockée contre lui.

Le meunier disposait d’un logement au dessus de la salle des meules.